Le chemin de fer dispose pour son exploitation et pour son entretien d'une vaste flotte de vehicules routiers, voire rail-route, c'est-à-dire capable de passer du rail à la route. Voici donc quelques véhicules intéressants que nous avons surpris à Bordeaux au cours de l'été 2005.
Ce vénérable Berliet GLR est toujours en activité. Il porte une "sauterelle" (convoyeur de matériaux) dont la trémie est destinée à être placée sous les wagons à déchargement par le fond afin de reprendre les granulats et les transborder dans un autre véhicule. Ce véhicule n'est pas exceptionnel dans les emprises SNCF. On en trouve un similaire à Brive (Corrèze).

Très original, ce véhicule est une version spécialisée d'un chargeur sur roues Richard Continental type CR8 (moteur Berliet). Porté par un wagon spécialisé associé à un wagon porteur de rampes, il est destiné à renverser hors de la voie des wagons déraillés, le but étant de rétablir le trafic le plus rapidement possible. Cinq CR8 ont équipé la SNCF. Aujourd'hui, je n'en connais plus que deux, l'un à Dijon, l'autre à Bordeaux. Celui de Bordeaux présenté ici était auparavant peint en jaune (comme celui de Dijon), puis il a adopté cette livrée orange proche de celle du CR8 d'Achères (ce CR8 a semble-t-il disparu aujourd'hui).

Réalisé sur une base de chargeur à fourche téléscopique Manitou, voici un locotracteur rail-route (il peut être doté d'un atellage Scharfenberg pour manœuvrer des autorails ou des automotrices). Il en existe plusieurs à la SNCF (en Avignon, à Limoges, etc.).
L'entretien des lignes de contact aériennes (improprement appelées "caténaires") fait appel depuis le milieu des années 1950 à des engins rail-route, c'est-à-dire capables de passer du rail à la route. Dans le cadre de l'électrification en 25 kV 50 Hz de Valenciennes-Thionville (1954-55), la SNCF a mis en service des Renault Galion transformés par Billard (à Tours) afin de les rendre enrayables et de disposer d'une plate-forme téléscopique pour le travail sur les lignes aériennes. Depuis la fin des années 1990, la SNCF est équipée avec une nouvelle génération de camions rail-route, réalisés sur base Renault Midliner ou sur base Mercedes Atego.

Complémentaires de ces camions et probablement plus économiques, Les remorques rail-route constituent un nouveau concept (apparu semble-t-il en 2005) pour l'entretien des lignes de contact.

Lors des chantiers de renouvellement de voie, il est courant d'engager des pelleteuses rail-route. Ce sont toujours des modèles à roues (les modèles sur chenilles ne sont par enrayables), mais quelques petits modèles sur chenilles (rarement plus de 7 t) sont parfois utilisés sur des wagons plats pour des reprises de matériaux. Les pelleteuses utilisées peuvent appartenir à la SNCF (elles sont alors immatriculées en tant que lorries) ou appartenir à des entreprises spécialisées dans le renouvellement des voies. Ces pelleteuses peuvent être équipées de godets (rétro, curage, etc.), de pinces à traverses, etc.


Lorsque la SNCF assurait encore un service marchandises dans de nombreuses gares, elle y utilisait des grues chargées de procéder à la manutention des marchandises. De telles utilisations ont presque totalement disparu avec la fin de l'organisation du trafic ferroviaire par wagons isolés au profit d'une organisation par trains entiers circulant en général entre deux ITE (Installation Terminale Embranchée, anciennement appelée Embranchement particulier). Ces grues sont donc aujourd'hui utilisées dans les établissements SNCF pour les besoins propres de l'entreprise (manutention en ateliers, etc.). Certaines de ces grues ont été revendues et servent par exemple à la mise à l'eau des bateaux.

De tels camions servent au transport des équipes d'entretien sur leurs lieux d'intervention.
Qui dit engins spéciaux dit porte-engins.
Photos : Loïc Fieux.